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Amar Ouali (Miloud)

Cafetier et propriétaire du café de l’Arche, 15 rue Ouest

Amar Arche

Bienvenu au café de l’Arche, un petit café pas comme les autres.

Une fois passé la belle porte d’entrée ornée d’un vitrail sur lequel miroite les rayons d’une belle journée ensoleillée et hivernale, on se retrouve dans un petit oasis surréel.Le décor exotique du lieu insinue que l’âme d’un chineur, friand du septième art et d’icônes de jadis  a investi ce petit café qui peut accueillir une vingtaine de clients. Mais il est facile d’imaginer que dans son âge d’or, il en accueillait plus d’une quarantaine.

Aujourd’hui, ils ne sont que quatre habitués, silencieux et pensifs, sirotant leur boisson de prédilection au son de la musique cadencée qui émane du tourne-disque. Cela fait 26 ans qu’ Amar Ouali tient le café de l’Arche. «J’ai toujours été cafetier, une passion venu de mon père, qui était cafetier à l’Alma depuis son arrivée en France en 1964 juste après l’indépendance de l’Algérie. Je l’aidais au café quand il n’y avait pas école: le jeudi, samedi et dimanche. Je n’ai eu qu’un métier: celui de cafetier.»

Quand on le questionne au sujet des différents époques de transitions sociales et urbaines que le quartier Fresnoy-Mackellerie a subi au fils des décennies, Amar Ouali nous confie ses archives mentales.

«Dans les années 60 et 70, vous savez ce qui il y avait sur l’emplacement du centre social (rue de Rome)?  Et bien un dressage pour chien!» nous annonce t-il, avec un sourire amusé à notre stupeur.  «Et puis avant l’arrivée des grandes surfaces, il y avait d’innombrables commerces, des courées et le plus important: les gens trouvaient du travail facilement.»

Et la clientèle de l’Arche? «Oh c’était une clientèle mixte, magrébins, africains, français. On s’entendait. Vous savez, dans le Nord, les gens ont du coeur,» nous dit-il d’un ton solennelle. Bien que moins nombreux, les habitués qui s’y trouvent aujourd’hui illustre bien les propos de M. Ouali. «Maintenant ils viennent prendre refuge quand ils se disputent avec leur femme,» lâche t-il en ricanant, ce qui provoque un petit échange de plaisanteries entre ses loyaux clients présents.

«Mais ma période préférée c’était les années 80!» s’exclame t-il.« On fermait le café et on partait avec les clients qui étaient des amis . Il n’y avait pas grand chose pour les jeunes dans le quartier. On partait en Belgique danser sur de la funky music, du ska, du reggae et de la new wave!» La nostalgie est palpable dans sa voix.

Et cette fantastique déco? «J’ai toujours aimé les choses rares, aller aux puces et faire les braderies.»

Quel est votre conseil pour nous autres ?
«La patience paie. Et il faut savoir pardonner.»

On repassera, c’est sûr !

Propos recueillis par Paula De Almeida

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